Le 11 septembre et ses conséquences sur une famille éclatée, tel semble être le thème de L'homme qui tombe de Don DeLillo. Ecrivain new-yorkais reconnu, Don DeLillo a attendu quelques années avant de se lancer dans la rédaction de cette fiction dont l'un des protagonistes appartient à la catégorie des survivants de la catastrophe. Pas d'ellipse ici, mais, par un jeu de reconstruction, le déroulement complet de la journée fatidique n'apparaît que bien plus tard.
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Manhattan transfer (1925) de John Dos Passos reste pour moi le roman inégalé de New York : pas seulement parce que l'écrivain américain a eu l'idée géniale d'évoquer le grouillement citadin en faisant se croiser des dizaines de personnages au hasard des revolving doors, de coller dans le texte des fragments d'articles de presse, des refrains de chansons en vogue, ou encore de traquer les expressions idiomatiques populaires et d'évoquer jusqu'au cliquetis des machineries ; pas seulement parce qu'il a su dresser de vrais portraits de newyorkais en quête d'un destin dans le cadre d'une savante construction romanesque ; pas seulement pour tout cela - qui est déjà le gage d'un talent exceptionel - mais aussi pour son écriture poétique et cinématographique des paysages urbains.
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Demain est la journée internationale de la femme : est-il possible d'espérer qu'un jour nous n'ayons plus à célébrer l'héroïsme discret d'une bonne moitié de l'humanité ? Certes, je me réjouis que le sort d'une grande partie des femmes en Occident se soit amélioré. Mais c'est aussi le moment de se souvenir que partout ailleurs l'accès aux droits les plus fondamentaux est le plus souvent bafoué. Bon, en pratique, tout n'est pas rose chez nous mais il y a du progrès depuis l'obtention du droit de vote en 1944. Ce n'est pas vieux. Disons la génération de Louise Bourgeois, une charmante vieille dame de 97 ans, artiste française vivant à New York depuis 1938, et dont les oeuvres sont présentées au Centre Georges Pompidou jusqu'au 2 juin.
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Des silhouettes esquissées, de la buée quadrillée de glacis colorés, un monde en suspens... nous voilà loin de la jungle urbaine et de ses trépidations électriques. L'univers de Saul Leiter, discret photographe newyorkais, est la métamorphose d'un monstre en danseuse : les rues et les passants baignent dans une atmosphère onirique et apaisante. Cadrages décalés et détails surprenants témoignent du regard affuté de celui qui connaît Manhattan comme sa poche. Ces photographies semblent avoir été effleurées par un pinceau, une "touche" particulière à Saul Leiter, peintre à ses heures. Un seul conseil : courrez admirer ses oeuvres à la Fondation Henri Cartier-Bresson !
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"L'inhumanité de New York me rendait presque hagard" : ainsi commence le fragment des Lettrines 2 que Julien Gracq consacre à la métropole. Le ton est donné. Chantre des paysages, l'homme de lettres est aussi un arpenteur inlassable des cités. La forme d'une ville, rêverie poétique sur la géographie urbaine, est entièrement consacrée à... Nantes. Venise a fait ses délices et Rome ne lui a pas déplu. Même Chicago trouve grâce à ses yeux, peut-être en raison de son implantation lacustre et de ses lacis de canaux. Mais New York, non. - Pas assez de verdure ? -. Le 22 décembre dernier, Julien Gracq a rejoint d'autres rivages.
Lire la suite ""C'est une ville de Baudelaire"" »
Superman,Batman, Captain America, vous les connaissez bien sûr tous ces super-héros aux pouvoirs époustouflants. Enfant, vous admiriez leur bravoure et leur persévérance à sauver la planète des menaces les plus effrayantes. Mais que savez-vous de leurs créateurs ? Jeunes dessinateurs à l'imagination féconde, les uns et les autres travaillaient, durant les années Trente, pour les comic book workshops. Implantés à new York, ces ateliers étaient entièrement dédiés à la production des strips, les vignettes dessinées et publiées dans les colonnes des journaux. Regroupées sous forme de livre, ces histoires ont formé les premiers ouvrages de bandes dessinées.
Lire la suite "Superman existe, je l'ai rencontré" »
Voilà un homme dont la vie pourrait être l'objet d'un roman : né au Luxembourg en 1879, Edward Steichen devient citoyen américain à 21 ans et n'a cessé de faire des allers-retours entre les Etats-Unis et l'Europe, New York et Paris. Son talent multiforme impressionne : s'il s'est exercé à la peinture en région parisienne où il possédait une maison, il a été également photographe en chef de Vogue et de Vanity Fair puis conservateur de musée au sein du prestigieux MOMA. Amoureux de la beauté des femmes et des fleurs, il aborde les formes anguleuses de New York avec le même sens de la composition. Ses oeuvres sont visibles au Jeu de Paume jusqu'au 30 décembre 2007
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Aujourd'hui est célébré le deux-cent cinquantième anniversaire de la naissance de Marie-Joseph Paul Yves Roch Gibert du
Motier, marquis de Lafayette. L'homme a connu un destin peu ordinaire. Cet aristocrate "libéral" a traversé plusieurs régimes et s'est impliqué physiquement dans les deux révolutions qui ont transformé l'ancien et le nouveau monde. Bien qu'il ait frôlé la mort plusieurs fois et connu cinq années de prison en Autriche, il poursuit une vie publique jusque tard dans ses vieux jours tout en conservant des liens très forts avec les Etats-unis. La New York historical society lui rend hommage.
Lire la suite "Le retour triomphal de Lafayette" »
Ils étaient une petite bande de copains : Jean Tinguely, Nikki de Saint Phalle, Yves Klein, Arman et quelques autres. Et l'Américain Robert Rauschenberg. Oui, celui-là-même à propos duquel j'ai publié une note en novembre. Ils se côtoient à Paris ou à New York. On les appelle les Nouveaux Réalistes et une rétrospective leur est consacrée au Grand Palais à Paris jusqu'au 2 juillet 2007. Allez-y, leurs oeuvres subversives à l'époque (c'était l'après-guerre) ont conservé un caractère ludique parfois cocasse, parfois violent, pas toujours très ragoûtant, et quelques fois prémonitoire.
Lire la suite "L'"Hommage à New York" de Jean Tinguely" »
"Cela ne me suffit pas d'être américain. Je suis new-yorkais." Belle citation que celle de Wilhelm De Kooning mise en exergue du magnifique ouvrage paru aux Editions Assouline en 2006.Son titre : "New York". Tout simplement, aurait-on envie de dire... or ce que cet ouvrage donne à voir, littéralement puisqu'il s'agit d'un recueil de huit cents photographies, est l'incroyable diversité ethnique, géographique, architecturale, commerciale, artistique, - la liste des qualificatifs pourrait être longue - de la Grosse Pomme.
Lire la suite ""Cela ne me suffit pas d'être américain ; je suis new yorkais"" »
Une fois n'est pas coutume, je vais causer "chiffon". Vendredi soir (27 avril) un excellent portrait de Marc Jacobs réalisé par Loïc Prigent a été diffusé sur Arte dans un Thema consacré à la mode. Marc Jacobs est la sommité de ce début de vingt-et-unième siècle. Non seulement il a créé sa marque de haute couture à New York où il a installé ses ateliers, mais il a aussi signé un contrat avec Vuitton. Pour ce fleuron français du luxe, il conçoit inlassablement des collections de sacs, d'accessoires et de vêtements.
Lire la suite "Marc Jacobs forever" »
J’avais très envie de lire le dernier ouvrage de Jay
McInerney, « la belle vie » (The Good Life) d’abord parce que le
bonhomme est une figure importante de la scène littéraire new yorkaise, à
l’instar de Bret Easton Ellis ; ensuite parce qu’il a marqué les esprits en 1992 avec le
roman « Trente Ans et des poussières » ; enfin parce qu’il
aborde le thème de la rencontre amoureuse sur fond d’après 11 septembre. Difficile de passer à côté de cela...
Lire la suite "Une bulle de temps suspendu" »
Le Lincoln Center, le MoMa et le Rockefeller Center
sont trois hauts lieux de la vie culturelle et du monde des affaires à New York
… mais savez-vous quel est leur point commun ? Petit flashback : au début
du XXè siècle, la ville de New York est plutôt prospère mais reste fort
dépourvue en musées, centres artistiques et plus généralement en lieux de
divertissement. En Europe, et durant des siècles, les mécènes ont été les princes et les églises. Aux Etats-Unis, ce sont
d’immensément riches hommes d’affaires qui vont, en un laps de temps assez court, financer les entreprises artistiques les plus significatives.
Assumée parfois sur plusieurs générations, la philanthropie va transformer durablement
le visage et la vie des grandes cités.
Lire la suite ""Malheur à celui qui meurt riche"" »
Voilà, c'est décidé, en 2007, vous irez faire un saut à New York... bien sûr, vous prévoyez d'acheter les meilleurs guides, de collecter les bonnes adresses du couple d'amis enchanté de son séjour et d'acheter l'incontournable Time Out à votre arrivée. Mais quid de l'info pointue et de l'actualité commentée sur le vif ? Au fond, lors d'un séjour aussi court, pourquoi ne pas panacher les standards et les surprises ? Bonnes, de préférence. Alors voici une petite sélection de Blogs sur lesquels vous pourrez moissonner des informations, des liens vers d'autres sites tournés vers vos centres d'intérêt et, pourquoi pas, dialoguer avec leurs auteurs.
Lire la suite "Blogs and the City " »
Que savait Rembrandt du Nouveau Monde lorsqu'il peignit cet autoportrait en 1662 ? L'artiste pose devant un mur où deux hémisphères sont suggérés d'un pinceau léger. Quelles informations pouvait-il bien recevoir de la Nouvelle Amsterdam où ses compatriotes développaient, tant bien que mal, une petite colonie ? Difficile à deviner. En revanche, nous savons que cet homme fut, en son temps,
l'un des peintres les plus ouverts sur le monde.
Lire la suite "Rembrandt superstar" »
"Fenêtres de Manhattan" : voici un livre à savourer en plein hiver alors que dehors tourbillonnent les premiers flocons de neige. Ecrivain espagnol, Antonio Munoz Molina ouvre une première fenêtre sur les froidures newyorkaises avant de réchauffer le coeur et les sens avec des étincelles de bonheur, des éclats de couleurs, des silhouettes entraperçues... autant d'ouvertures pour nous guider au coeur de la création artistique. Et, par là même, au coeur de la ville. Car l'art sous toutes ses formes est omniprésent dans le portrait que dresse Molina : la musique avec le jazz de Coltrane ou de Duke Ellington, la peinture avec Hopper, la sculpture avec Giacometti... et le cinéma avec Hitchcock dont le célébrissime Fenêtre sur Cour a dû inspirer le titre de cet ouvrage.
Lire la suite "Ouvrez les "Fenêtres de Manhattan"" »
Quel est le point commun entre des coupures de journaux, des
miroirs, un annuaire de téléphone, une armature de parapluie, une balle de base
ball, un phare, des portes et même des ventilateurs électriques ? Les
« combines » de Robert Rauschenberg.
A la fois peintures et sculptures, les « combines » échappent à toute
catégorie. Elles agrègent les matériaux les plus divers, y compris le
traditionnel papier et la peinture à l’huile, en d'étonnants collages. Ces
œuvres ont été réalisées entre 1954 et 1961, lorsque Robert Rauschenberg vivait
à New York. Elles sont exposées au sixième étage du Centre Pompidou, à Paris, jusqu’au 15
janvier 2007.
Lire la suite "Il était une chèvre..." »
Joël Meyerowitz, voilà un homme qui porte bien son nom (M-eye-rowitz). Ses photographies urbaines fourmillent de mille et un détails, comme si l' "oeil" de l'artiste avait pour mission d'enregistrer la moindre parcelle de réalité. "Out of the ordinary" est la première exposition européenne des photographies couleur du new-yorkais. Son travail présenté au Jeu de Paume à Paris témoigne de l'apparition d'un nouveau style élaboré au cours des années 1970 à 1980. Les scènes de rue prises sur le vif sont un champ expérimental intéressant pour la photographie couleur, jusqu'alors réservée à la publicité.
Lire la suite "Joel Meyerowitz : tout voir et au-delà" »
Parce qu’il en avait assez d’être catalogué comme
« un chanteur qui peint », CharlElie Couture est parti s’installer à
New York. C’était en 2004 et depuis, il y est bien. Là-bas, il a trouvé la liberté
d’exprimer toutes les facettes de son talent. Peintre, écrivain et musicien,
cet ancien diplômé des Beaux-Arts aborde tous les langages de la création. Avec
passion et sans répit. Cet automne, vous allez beaucoup entendre parler de lui.
Lire la suite "NYC sous toutes les coutures. CharlElie artiste total " »
A quoi pensait Samuel F.B. Morse, lorsqu’il peignit le
tableau intitulé La Galerie du Louvre ? A la trace qu’ il laisserait dans l’histoire culturelle de son pays ? Au public dont il
souhaitait faire l’éducation ? Au futur glorieux des Arts en Amérique ?
Probablement à tout cela. Car l’inventeur de la télégraphie fut, en première
partie de carrière, un peintre plus que respectable. Et c’est au cours d’un
long voyage d’étude en Europe, dans les années 1830, qu’il décida de faire
connaître à ses compatriotes les chefs d’œuvre les plus significatifs de l’art
européen.
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