Marc Jacobs forever
Une fois n'est pas coutume, je vais causer "chiffon". Vendredi soir (27 avril) un excellent portrait de Marc Jacobs réalisé par Loïc Prigent a été diffusé sur Arte dans un Thema consacré à la mode. Marc Jacobs est la sommité de ce début de vingt-et-unième siècle. Non seulement il a créé sa marque de haute couture à New York où il a installé ses ateliers, mais il a aussi signé un contrat avec Vuitton. Pour ce fleuron français du luxe, il conçoit inlassablement des collections de sacs, d'accessoires et de vêtements.
Le reportage est un bijou de fraicheur et d'humour, avec une vraie réflexion sur le processus créatif. Tout y passe : Marc et son équipe à New York, Marc et l'équipe Vuitton à Paris, Marc et Bernard Arnault, Marc au Japon, Marc et la nourriture, Marc et les stars, Marc avant le défilé...après le défilé ... et bien sûr Marc et l'Art. Forcément avec un grand A car l'homme est un collectionneur et s'abreuve des réflexions esthétiques élaborées par les artistes de son époque, c'est-à-dire de la nôtre. Ses sources d'inspiration ? l'obsession des pois mise en scène par une artiste japonaise, une assiette de macarons multicolores, un affreux pull mauve en synthétique, etc. Entre les trouvailles les plus sophistiquées et le détournement du quotidien le plus banal, son esprit fait joyeusement le grand écart. Mais au final, on comprend l'hystérie des happy few invités à ses défilés, Sofia Coppola en tête.
Artisan ou artiste ?
Vous l'aurez deviné, l'homme est une star : lorsqu'il réfléchit, tout le monde se tait et "les fées passent". Et lorsque le créateur exige une ultime retouche une heure avant le défilé, après plusieurs nuits blanches, les petites mains trouvent encore la force de s’exécuter. A l'impossible, les membres de l'équipe sont donc tenus ; le prix de l'excellence ? Lorsque Marc Jacobs part au Japon pour un remake du défilé parisien, Vuitton construit une bulle de transparence et de lumière à proximité de Tokyo. Fête délirante à la hauteur du marché nippon. Même Marc finit par se lâcher sur la piste. Pourtant, ce qui transperce du personnage, c’est sa réserve, sa simplicité et une humanité assez touchante. Mais, s'interroge l'auteur du reportage, que l’on sent ému par tant de qualités réunis chez ce génie, Marc ne souffre-t-il pas du complexe de "l'artisan" face à "l'artiste" ?
Et bien, Marc Jacobs, à la suite de ce reportage, je n'ai qu'une chose à vous dire : vous êtes un artiste. Un vrai. Non, non ne me remerciez pas... vous voulez me mettre une petite robe de côté pour l'été ? ... c'est trop...too much… non vraiment, je ne sais plus quoi écrire !
Bénédicte Grange
Pour aller plus loin :
Excellente interview de Loïc Prigent sur le tournage ici
Copyright photo : Dmitri Kasterine.
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