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GothamSpirit en quelques mots

  • [Gotham]
    Le surnom de Gotham City a été donné à la ville de New York par l'écrivain Washington Irving. Selon une légende médiévale, Gotham aurait été une petite cité anglaise connue pour l'excentricité de ses habitants.
  • [Spirit]
    L'esprit c'est la force vitale, le sel d'une personnalité, l'atmosphère d'un lieu, le pétillement musical, l'essence des êtres, l'âme tout simplement.

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"Cela ne me suffit pas d'être américain ; je suis new yorkais"

Nycassouline "Cela ne me suffit pas d'être américain. Je suis new-yorkais." Belle citation que celle de Wilhelm De Kooning mise en exergue du magnifique ouvrage paru aux Editions Assouline en 2006.Son titre : "New York". Tout simplement, aurait-on envie de dire... or ce que cet ouvrage donne à voir, littéralement puisqu'il s'agit d'un recueil de huit cents photographies, est l'incroyable diversité ethnique, géographique, architecturale, commerciale, artistique, - la liste des qualificatifs pourrait être longue - de la Grosse Pomme.

"Tout ce qui peut faire l'objet de critique, ou peut être inacceptable ailleurs, est permis dans cette ville..."

C'est à la romancière Tama Janowitz qu'est revenu le redoutable honneur de rédiger l'introduction de "New York". Tama Janowitz est l'auteur du best seller "Slaves of New York" paru en 1988 et associée par la critique américaine au groupe des "Brat Pack" incluant Jay McInnerney et Bret Easton Ellis. Je ne résiste pas au plaisir de retranscrire ici quelques lignes dans lesquelles le lecteur retrouvera certains accents Whitmaniens.

" Vous l'avez compris, passé et présent cohabitent à New York. Ce qui a été a certes disparu, mais continue d'exister quelque part. On peut aimer ou haïr cette ville ; ou, comme pour chacun de ses habitants, ressentir à son égard un peu de haine et d'amour à la fois.

Par bonheur, les sentiments positifs qui poussent à y vivre sont en général bien plus forts que tout. Que l'on arrive de la République Dominicaine, du Michigan, de Dakar, Paris, Berlin, Taïwan ou d'Oman, on arrive d'ailleurs et l'on vient pour trouver un lieu qui accepte, un lieu où l'on est en accord avec soi-même ; que l'on cherche à réaliser ses ambitions que l'on ne peut réaliser ailleurs ou parce que désespérément pauvre, l'on veuille gagner assez d'argent pour venir en aide à une famille plus pauvre encore. On vient à New York parce qu'on était désespéré de rester anonyme... ou d'être trop connu. Bien sûr, c'est une ville qui peut être violente, mais c'est aussi la plus folle, la plus vivante et la plus remuante des villes au monde (ce qui peut, parfois, ne pas être sans inconvénient

A New York, des juifs orthodoxes sont, sans le moindre problème, voisins de musulmans ; une femme riche peut épouser un homme pauvre ; une Blanche peut partager la vie d'une Noire ; il est possible à deux hommes d'adopter des enfants. Tout ce qui peut faire l'objet de critique, ou peut être inacceptable ailleurs, est permis dans cette ville. Peut-être aussi parce qu'elle est si peuplée que le voisin importe peu ?"

Parmi tant de richesses visuelles, de portraits posés et de scènes croquées sur le vif, de panoramas grandioses et de détails percutants, il est bien difficile de faire un choix. Toutefois comment ne pas mentionner ce double cliché, en forme de clin d'oeil, de chaussures détournées en voiture rose et taxi jaune (P736-737)et présentées dans une vitrine de Madison Avenue : une vraie métaphore de La grosse Pomme, ville offerte aux piétons et aux véhicules à moteur !

Merci à Alain de m'avoir fait découvrir ce très beau livre.

Bénédicte Grange

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