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GothamSpirit en quelques mots

  • [Gotham]
    Le surnom de Gotham City a été donné à la ville de New York par l'écrivain Washington Irving. Selon une légende médiévale, Gotham aurait été une petite cité anglaise connue pour l'excentricité de ses habitants.
  • [Spirit]
    L'esprit c'est la force vitale, le sel d'une personnalité, l'atmosphère d'un lieu, le pétillement musical, l'essence des êtres, l'âme tout simplement.

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La métamorphose d'un monstre en danseuse

SaulleiterDes silhouettes esquissées, de la buée quadrillée de glacis colorés, un monde  en suspens... nous voilà loin de la jungle urbaine et de ses trépidations électriques. L'univers de Saul Leiter, discret photographe newyorkais, est la métamorphose d'un monstre en danseuse : les rues et les passants baignent dans une atmosphère onirique et apaisante. Cadrages décalés et détails surprenants témoignent du regard affuté de celui qui connaît Manhattan comme sa poche. Ces photographies semblent avoir été effleurées par un pinceau, une "touche" particulière à Saul Leiter, peintre à ses heures. Un seul conseil : courrez admirer ses oeuvres à la Fondation Henri Cartier-Bresson !

Du pictorialisme au surréalisme

Pas étonnant que Saul Leiter ait été repéré par Edward Steichen (voir note d'Octobre sur ce blog) et invité en 1953 à participer à une exposition collective intitulée "Always the young stranger" au Moma. Le velouté de certains clichés n'est pas sans rappeler les effets du pictorialisme ; les références à la peinture, en particulier celle de Bonnard et Vuillard, n'ont pas échappé à l'oeil exercé de Steichen.

Sont exposées à la Fondation Henri Cartier-Bresson, les oeuvres de la rue, les clichés pris sur le vif ou un peu décalés qui donnent cette délicieuse impression d'attrapper ce que l'on ne remarque jamais. D'un coup, un élément insignifiant revêt un caractère poétique comme dans "Baguette" (1948). Le fantastique n'est pas loin avec cette magnifique image de vieille grimaçante intitulée "Goya Lady" (1957). Dans "Mary" (1947), la composition est presque un hommage au surréalisme : une silhouette de femme est "mangée" par le reflet des affiches sur une vitrine ; on ne voit que sa tête tandis que de son compagnon, on ne devine que les mains. Fréquents, les clins d'oeil à l'univers de la peinture n'ignorent rien des grandes avancées tel le Mondrian Worker (1954), peintre en bâtiment cerné par les rectangles. La boucle est bouclée avec "Couleur walk with soames" (1958), superbe abstraction délicatement colorée.

Bénédicte Grange

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