Ses images en quadrichromie ont fait le tour du monde et viennent très récemment d'être exposées au Grand Palais à Paris. Ce que l'on connaît moins en revanche c'est la Factory, l'atelier, inventé, animé et dirigé par Andy Warhol, le roi du Pop Art. Un lieu de production tous azimuts, de la peinture en sérigraphie à la musique rock en passant par le cinéma, la presse et la télévision. Cet endroit mythique de l'underground newyorkais a d'abord été localisé au 231 East 47th Street, au quatrième étage d'un immeuble délabré.
Ambiance industrieuse à la factory : une partie de l'espace est consacré à la photographie sérigraphiée sur toile. Elle devient vers 1962 la technique privilégiée par Warhol : il prend jusqu'à 200 clichés pour n'en conserver qu'un seul ; les photographies sont retravaillées en noir et blanc puis reportées par différents procédés chimiques sur une toile. Ultime étape : la colorisation de la main de l'artiste. Il portraitise de nombreux people dont Marilyn Monroe, mais aussi tous ceux qui souhaitent lui passer commande - et ils sont de plus en plus nombreux : capitaines d'industrie, hommes d'état, bref toute personne suffisamment fortunée pour débourser a minima les 25 000 dollars exigés par Warhol pour la production d'un panneau (Tout panneau supplémentaire étant facturé ensuite 5000 dollars).
La Factory, c'est plus largement un lieu de production multimédia avec une équipe et du matériel dédiés au film et à la vidéo. Magnétos et caméras tournent en permanence. Andy et ses assistants réalisent deux à trois films par jour. Le plus souvent sans scénario. Ses tranches de réalité puisent directement dans la vie sociale et musicale de la Factory. Car celle-ci est aussi un lieu de répétition pour le groupe de rock, le Velvet, dont Warhol produit les apparitions de 1965 à 1970, et qui influencera de nombreux artistes tels David Bowie, Patti Smith et d'autres.
L'autre visage de la Factory, le plus clinquant mais aussi le plus sombre, ce sont ces fêtes réunissant une foule interlope où se croisent de jeunes artistes, des acteurs, des drag queens, des mannequins et quelques jeunes femmes issues de très bonnes familles. Alcool, sexe et drogue sont de la partie.
Pour ces parfois très jeunes gens, ballotés entre l'ombre et la lumière, l'emprise à l'atmosphère décadente de la Factory se révèle très forte, émaillée d'overdoses, de suicides et de dépressions. Triste "quart d'heure de célébrité"...
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