Qui n'a jamais été intrigué par ce nom de Manhattan donné au coeur historique de New York ? Manhattan ou Manna-hata signifierait "l'île aux mille collines" : le nom a été donné par les Lennapes, l'une des dix-huit tribus qui peuplaient ce que nous appelons aujourd'hui la baie de New York. Le premier a avoir aperçu cette terre est Jean de Verrazano, un navigateur qui travaillait alors pour le compte de François 1er, suivi du navigateur portugais Estevâo Gomez. C'est finalement l'explorateur anglais Henry Hudson qui offre le territoire aux Provinces-Unies.
Au début du XVIIè siècle, les grandes puissances maritimes n'ont qu'une idée en tête : conquérir les richesses des Indes. Les Espagnols ont une longueur d'avance mais sont suivis de près par les Anglais et les Néerlandais. Ceux-ci ont créé la Compagnie des Indes orientales des Provinces Unies dans l'idée de s'assurer une partie du gâteau des colonies. Pour cela, il leur faut trouver une voie plus rapide que la route du cap de Bonne-Espérance empruntée par les Portugais ou de l'isthme de Panama des Espagnols. L'idée est de passer par le nord. C'est en cherchant ce passage par le Pôle nord, et parce qu'il faisait face à un mur de glace, que Hudson bifurque vers le continent américain. Il longe la côte Est jusqu'en Virginie puis il rebrousse chemin et pénètre enfin le 12 septembre dans la baie de New York. Il remonte le fleuve qui va porter son nom jusqu'à la hauteur de l'actuelle Albany.
Dans un premier temps, quelques marchands d'Amsterdam obtiennent le monopole du commerce sur la région de New York pour quatre ans : ils organisent le commerce des fourrures, établissent une liaison régulière avec les Provinces-Unies, fondent Fort Nassau rebaptisé ultérieurement Fort orange (l'actuelle Albany) et font explorer le littoral de la baie du Delaware à Long island.
A partir de 1618, une politique plus ambitieuse se met en place qui voit la création de la Compagnie des Indes Occidentales (1621). Son capital s'élève à hauteur de sept millions de guilders dont un million fourni par les Etats-Généraux. Elle possède sa propre marine et sa propre armée. Elle a tous les pouvoirs pour créer des colonies. Deux sites sont retenus : la Nouvelle-Néerlande (Niew Nederland) sur le contient nord-américain et la Nouvelle-Hollande (New Holland) sur le continent sud-américain (1) au Brésil. Un premier navire est envoyé en 1624 avec, à son bord, une trentaine de familles wallones, des calvinistes francophones, qui s'étaient réfugiés aux Provinces-unies. D'autres navires vont suivre. La colonisation se rassemble principalement sur l'ile de Manhattan, même si quelques groupes sont dispersés, notamment à Fort orange.
Le multiculturalisme ethnique, religieux et linguistique est la caractéristique distinctive du New York des origines. Peu de néerlandais émigrent, ce qui oblige la compagnie à recruter des colons étrangers et à faire venir des esclaves. On y rencontre donc des européens, des africains ainsi que des amérindiens. La diversité est de mise aussi sur le plan religieux puisque outre la présence de réformés et de catholiques, se cotoyent des représentants des différentes sectes chrétiennes (anabaptistes, mennonites, etc.) ainsi qu'un petit groupe de juifs. Un témoin raconte que quatre à cinq cents personnes vivent alors à la Nouvelle - Amsterdam.
Illustration : Le plan Castello est le plan le plus ancien connu de Manhattan et le seul de la période hollandaise. Il date de 1660.
(1) : La colonie nord-américaine a souvent été confondue avec la sud-américaine sous le terme générique de "Nouvelle-Hollande".
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